Réforme de la formation continue : où en est-on ?

En France, 18 mois après le lancement du Compte personnel de formation (CPF), ce sont près de 10 500 formations qui ont été réalisées, en majorité au profit des salariés. Cette réforme a pour objectif de permettre plus de souplesse et de garantir des formations de qualité, au plus près des besoins des entreprises et de leurs salariés.


« Cette réforme défend un principe fondateur : l’entreprise ne doit plus être dans une obligation de former ses salariés, mais dans une démarche stratégique globale. L’efficacité de la formation continue est donc au cœur de la réforme », souligne Véronique Girod-Roux, responsable marketing et développement de l’Executive Education, à Grenoble Ecole de Management. Corollaire, les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA), ont pour mission de vérifier la qualité du formateur, du contenu et de l’organisation des formations.

Au-delà, l’ensemble des formateurs devront être agréés et labellisés, y compris les petites entités formatrices sous-traitantes ou déléguées, qui ont l’exigence de répondre au même degré de qualité. « Cet ensemble constitue un gage de réassurance pour nos formateurs, comme pour les entreprises de formation partenaires », soutient Véronique Girod-Roux.

Un impératif : reprendre l’ensemble du process des formations

L’enjeu aujourd’hui est donc de délivrer aux entreprises des certifications à visées professionnelles, qui soient finançables (via le CPF, ou la période de professionnalisation), car reconnues par le Registre national des certifications professionnelles (RNCP), sur la base de critères qualitatifs et normatifs avérés. D’où l’impératif de reprendre l’ensemble du process des formations – depuis la conception jusqu’à la livraison.

Ce processus incontournable de mise aux normes suppose un énorme travail de construction ou d’adaptation de la « base stratégique » que représentent aujourd’hui l’esprit et le contenu d’une formation diplômante/certifiante : les référentiels de compétences. En vue, l’obtention d’une labellisation officielle des titres, auprès des autorités légitimes (CNCP1, COPAREF2, COPANEF3, etc).

Cette reconnaissance est effectuée selon la nature de la formation, soit directement via une demande d’inscription d’un Titre au RNCP, soit en amont par le biais de commissions sectorielles de branches professionnelles.

A GEM, 80 % des titres RNCP sont éligibles aux financements

« A GEM, 80 % des titres RNCP (plus de 4 000 heures de formation en cumul, ou 350 heures par titre, en moyenne), ont été mis à jour selon les nouvelles exigences et une trentaine de certificats sont en cours de création et de reconnaissance.

« Parmi ceux-ci, la certification AMF, reconnue par l’autorité des marchés financiers, et le certificat Management de la Relation Client sont reconnus depuis quelques semaines ; deux certificats sont en cours de parrainage auprès de la Commission paritaire Nationale des assurances ; deux titres de coach interne, et une série de parcours de compétences d’une centaine d’heures, orientés vers l’innovation, le management technologique, les achats, le marketing digital, sont en cours de montage », confirme Véronique Girod-Roux.

Plus de souplesse et de qualité

La réforme de la loi sur la formation professionnelle apporte donc une souplesse et une qualité inédites dans les dispositifs de formation. « Les entreprises, aujourd’hui, ont l’opportunité d’imbriquer entre eux des « blocs de compétences », puisés dans une certification ou dans une autre, afin de dispenser une offre calibrée, en adéquation avec les attentes des managers agiles, comme pour les formations au digital par exemple, note Véronique Girod-Roux.

Cela induit de facto une recomposition du paysage de la formation, de nouvelles alliances entre petites et grandes entités formatrices, voire de nouveaux partenariats. Notons qu’à GEM, le partenariat instauré depuis plusieurs années déjà avec Grenoble INP, pour l’obtention d’une double certification diplômante – ingénieurs & managers –, a devancé cette tendance.

Principaux bénéficiaires de la réforme ? Les apprenants

Les organismes de formation ont donc aujourd’hui une obligation de qualité et de performance. Les formateurs, agréés et labellisés, quelle que soit la taille de la structure, s’engagent sur les modalités et les contenus des formations. Premiers bénéficiaires : les apprenants. Ils disposent de plus de temps pour se former, et peuvent privilégier des expertises, via des certificats d’une centaine d’heures.

« Pour les entreprises, la demande actuelle porte sur la reconnaissance des blocs de compétences-certificats issus des titres portés par les Grandes Ecoles (Grade Master (DESMA), BADGE, mastères spécialisés©…). L’idée est bien ici de décliner des blocs capitalisables au titre d’un diplôme à l’issue d’une période maximum de cinq ans. Ceci est un réel progrès », note Véronique Girod-Roux. La finalité ? L’obtention du graal, que constituent les nouveaux titres RNCP, déployés au plus près des besoins des entreprises partenaires de GEM.

1. Commission nationale des certifications professionnelles, 2 Comité Paritaire Interprofessionnel Régional pour l'Emploi et la Formation Professionnelle,

3. Comité Paritaire Interprofessionnel National pour l'Emploi et la Formation Professionnelle,

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Véronique Girod-Roux