Les PME en mal d’innovation

La plupart des PME de moins de 500 salariés interrogées pour la 4e édition du baromètre de l’innovation de Grenoble Ecole de Management / Opinionway privilégient l’innovation incrémentale à l’innovation de rupture.
Comment expliquer une telle situation ?


Premier enseignement de ce dernier baromètre qui concerne les PME françaises de moins de 500 employés : seuls 59 % des sondés pensent que l’innovation est importante pour la croissance des entreprises, la qualité, la réactivité et la productivité arrivant en tête de leurs priorités. Paradoxalement, pour 78% des sondés, l’innovation a une incidence sur la qualité globale (-5% par rapport à 2014) et pour 67% (-12% par rapport à 2014), elle bénéficie à l’image et la visibilité de l’entreprise. Sans compter qu’innover représente un facteur de différenciation sur le marché pour 70% des dirigeants interrogés.

Peu d’innovations de rupture

Bonne nouvelle, 94 % des entreprises allouent des moyens spécifiques à l’innovation, soit une hausse de 18 % par rapport à l’an dernier. Mais pour quoi faire ? Dans la plupart des cas, améliorer leurs produits et services. Seuls 14% déclarent avoir développé une innovation de rupture dans l’année écoulée. Or, l’innovation passe aussi par la création d’une rupture stratégique en adoptant un nouveau modèle économique, à l’image d’Airbnb, Uber ou Booking.com. Cela s’explique par le fait que les dirigeants de PME n’ont pas intégré l’innovation dans leur business model et ne la placent pas au cœur de leur stratégie de développement. Une des raisons de ces résultats est la méconnaissance de ce qu’est un business model. Alors que 43 % des dirigeants disent avoir déjà entendu parler de cette notion, seuls 16 % des sondés affirment savoir de quoi il s’agit.

Un environnement jugé favorable

Pourtant, 60% des PME interrogées estiment que l’environnement externe a un impact favorable sur l’innovation. Plus précisément, le contexte politique, réglementaire et fiscal est perçu positivement par 49% d’entre elles, contre 26% en 2014. Et 84% des dirigeants d’entreprise considèrent l’environnement d’affaires est favorable pour l’innovation. « Les PME sondées semblent percevoir leur environnement externe comme étant assez favorable pour innover. Notamment, l’environnement politique, réglementaire et fiscal est le facteur qui semble s’être le mieux amélioré depuis 2013. Les nombreux dispositifs en matière de crédit d’impôt recherche et d’innovation lancés ces 10 dernières années semblent avoir porté leurs fruits dans l’économie des PME. Malheureusement, ces dispositifs financiers semblent insuffisants pour développer les capacités d’innovation des PME », explique Thomas Gillier, professeur à Grenoble Ecole de Management et spécialiste des méthodes d’innovation et de créativité.

Méconnaissance des nouveaux outils d’innovation

A l’heure du digital, de nouveaux outils sont à la disposition des entreprises pour innover autrement, plus facilement et plus rapidement. Parmi ces outils, le crowdsourcing ou concours de génération d’idées est un buzzword sur le web, mais une inconnue pour la plupart des PME. Seuls 14 % des interviewés ont déjà entendu parler de cette notion.
« Pourtant, en forte croissance ces dix dernières années dans les grandes entreprises, ces nouvelles techniques peuvent être un axe de développement intéressant pour les PME désireuses d’accélérer leur processus d’innovation incrémentale en collaborant avec des partenaires externes (ex. clients, fournisseurs…) », conclut Thomas Gillier.

Innovation et COP 21

60 % des managers interrogés pensent que la COP21 ne conduira pas à un accord international contraignant.
« Ce résultat peut être interprété comme un écho de la conférence de Copenhague qui a déstabilisé la confiance collective dans le processus ONUsien. Néanmoins, les managers estiment qu'un accord juridiquement contraignant aurait un impact positif sur l'investissement dans les différents secteurs industriels, particulièrement dans le secteur de l'énergie (49%). » explique Mélodie Cartel, chercheuse à Grenoble Ecole de Management.
Pour 43% des personnes sondées le principal challenge pour relever le défi du changement climatique se portera sur l'acceptation sociale des innovations technologiques (27% le coût, 23 % l'innovation technologique et 7 % autres).
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Thomas Gillier