Leadership ou comment le pratiquer de manière plus altruiste

Les racines du leadership se trouvent dans un rapport de maître à esclave. Patrick O’Sullivan a étudié le phénomène sous l’angle de la moralité du phénomène pour proposer une autre conception du leader, plus altruiste et fédérateur.


Le leadership se caractérise par la capacité à influencer et fédérer un groupe pour atteindre un objectif commun. Le leader est un meneur et tient le commandement.

« Beaucoup d’études sont menées sur le leadership, mais peu s’interrogent sur la moralité de sa pratique, au sens philosophique du terme. Or, il peut être utilisé soit dans un fonctionnement inéquitable, soit à des fins discutables », analyse Patrick O’Sullivan, professeur à Grenoble Ecole de Management.

Comment identifier un leadership efficace, mais juste ?

Ouvrir le débat en interne

L’entreprise qui souhaite repenser son leadership doit en premier lieu analyser la qualité de ce dernier. Elle doit pour cela être capable de porter un regard critique sur les objectifs du leader. D’autant qu’il porte une responsabilité qui dépasse sa fonction et impacte l’entreprise, notamment sa responsabilité sociale.

« L’exemple de Volkswagen et du scandale des moteurs diesel truqués démontre comment les décisions du top management  donc du leadership, ont des conséquences sur l’ensemble de la marque », souligne le professeur « Car soit les dirigeants savaient, soit ils auraient dû savoir », souligne Patrick O’Sullivan. La solution pour évaluer si un leadership est bon ou mauvais passe par un débat ouvert afin d’obtenir un consensus sur les pratiques de management.

« Les mêmes pratiques vont paraître bonnes ou mauvaises, selon le point de vue de chacun. L’objectif est de trouver un compromis pour établir un leadership satisfaisant du point de vue moral pour tous et donc plus efficace », insiste Patrick O’Sullivan.

Le leader au service du bien-être des collaborateurs

Avoir une conception du leadership qui ne repose pas sur un rapport de maître à esclave est d’ailleurs tout à fait possible. « Chez Platon, celui qui régnait était celui qui disait être le plus efficace pour servir son peuple. De la même façon, le leader peut se penser comme celui ou celle qui agit pour le bien-être de ses collaborateurs et de ses clients », explique le professeur.

Ce qui implique, de la part de la direction et des ressources humaines, de s’interroger sur le profil psychologique des managers et leur aptitude à servir. L’objectif : trouver, au-delà des compétences métier, des personnalités qui sauront motiver leurs équipes par d’autres leviers que le salaire et les bonus. D’autant que des collaborateurs heureux seront toujours plus efficaces et engagés.