Interculturel : mieux se comprendre pour faire grandir l’entreprise

Frank Rouault, DBA (Doctorate of Business Administration) à Grenoble Ecole de Mangement travaille sur les moteurs culturels qui animent les individus. Il met ainsi en lumière une clé de la réussite de la diversité en entreprise.


Les entreprises sont de plus en plus confrontées à la question de l’interculturel, que ce soit en interne ou avec leurs parties prenantes. « Or, face à la diversité, certains individus en minorité font preuve avant tout d’ethnocentrisme et manquent d’empathie », constate Frank Rouault, consultant et DBA à Grenoble Ecole de Management. Cependant, une faible minorité d’ethnocentriques peut créer des conditions difficiles pour le succès à l’international d’une équipe de travail ou d’une entreprise dans sa totalité.  Ce réflexe de repli sur soi s’explique par la méconnaissance des raisons d’agir ou de penser, non seulement de l’Autre, mais aussi de soi-même. Or la compréhension réciproque de chacun représente une des clés de la réussite de la diversité en entreprise.  

Selon l’approche développée par Frank Rouault, cela passe par l’élaboration des moteurs culturels des individus, c’est-à-dire « la combinaison unique des forces, des spécificités, et des tendances qui pilotent et alimentent les comportements d’un groupe culturel donné », précise Frank Rouault qui dirige le cabinet Practical LEARNING the smart way to learn (tm), spécialisé en développement professionnel. Son ambition : aider les Hommes à développer efficacité et aisance dans l’interculturel et faire de cette dimension un avantage concurrentiel pour les entreprises.

Le doute en méthode de travail

Ainsi, les Français, négativement perçus comme « râleurs » par leurs collaborateurs outre-mer, deviennent les membres de l’équipe qui érigent le doute en méthode de travail. Frank Rouault intervient au sein des organisations en plusieurs étapes. La première consiste à  faire prendre conscience aux membres d’un groupe de leurs propres moteurs culturels. « Cette prise de conscience est nécessaire pour une meilleure connaissance de soi. Cela permet de comprendre le regard que les autres portent sur sa façon d’être et d’agir » insiste le DBA. La seconde phase passe par une verbalisation qui aboutit à une reconnaissance réciproque des individus. C’est à l’issue de cette réciprocité que les collaborateurs venus de pays différents comprennent qu’ils sont animés par la même envie, mais ont des façons différentes de l’exprimer et de la concrétiser.  

les moteurs culturels des individus

Frank Rouault a ainsi pu mettre en lumière les moteurs culturels de 75 pays. Une clé stratégique incontournable pour les entreprises qui souhaitent tirer tous les bénéfices de l’interculturel.  « La diversité apporte de la complexité, donc parfois de l’incompréhension et une lenteur dans l’action. Mais elle représente surtout une richesse pour les entreprises car elle permet de mieux résoudre des problèmes complexes et de prendre de meilleures décisions à long terme», argumente Michelle Mielly, professeur à Grenoble Ecole de Management et directrice de thèse de Frank Rouault.

Les entreprises ont intérêt à aborder l’Interculturel comme outil stratégique de leur développement et de leur capacité à innover. Or, le plus souvent elles perçoivent cette donnée sous un prisme négatif en essayant de résoudre « les chocs culturels » une fois que les problèmes sont déjà arrivés. Pour Frank Rouault, « elles doivent changer de perspective pour développer en interne une pensée polyglotte, nomade et métissée et faire de leur diversité le pilier de leur croissance au XXIème siècle. »